« Dans nombre de secteurs, la France a une économie de pays sous-développé ». Ceci est une déclaration ce Mardi, du haut-commissaire au plan François Bayrou pour évoquer la situation économique de notre pays.
Selon un récent sondage Ipsos, 78% de nos compatriotes estiment que la France est en déclin.
Historiquement, la France a toujours été une puissance économique importante et influente aux yeux des autres nations.
Mais depuis quelques années, notre pays subit de plein fouet plusieurs revers économiques.
Devons-nous appréhender notre déclin économique ?
Devons-nous regarder le verre à moitié plein, et ainsi rester optimiste pour l’avenir ?
NOUS L’ANALYSONS DANS

L’économiste et historien Nicolas Baverez, publiait il y a 18 ans, La France qui tombe, qui dressait le constat précis d’un pays en déclin.
Au niveau économique, il y a beaucoup de points qui doivent véritablement nous inquiéter.
A commencer par le cœur d’une situation économique d’un pays, c’est-à-dire la croissance.
Le PIB de la France est passé du cinquième rang mondial en 1980 au dixième rang aujourd’hui (en données PPA, corrigées du pouvoir d’achat).
Notre PIB s’est par ailleurs dégradé en comparaison avec les Etats-Unis et l’Allemagne (il représente aujourd’hui 82% de celui de l’Allemagne et 60 % de celui des Etats-Unis contre respectivement 90 % et 85 % en 2005. Sans évoquer notre PIB par tête qui est descendu du cinquième rang au vingt-cinquième rang.
D’autre part, notre taux de chômage se situe à 8.1% alors qu’il atteint 7,3 % en zone euro.
Au niveau du taux d’emploi (la proportion de personnes disposant d’un emploi parmi celles en âge de travailler) la représentation est bien plus significative. Il est situé aux alentours de 67%, alors que celui de nos voisins allemand est de 75%.
De plus, depuis 2003, notre déficit commercial continue de s’accentuer. En 2022, il pourrait s’élever à 95 milliards d’euros en 2022, contre 86 milliards en 2021. La cause de ce déficit ? Une population qui consomme plus que ce qu’elle ne produit, avec de faibles capacités de production et un tissu productif pas assez performant. Par ailleurs, nous remarquons un manque d’ETI dans notre pays, ce qui fragilise l’exportation et par conséquent, nous sommes incapables de reproduire le succès des « Mittelstand » allemandes.
Résultat, aujourd’hui la part de notre industrie dans le PIB est de seulement 10%, alors que la moyenne de la zone euro est de 15%.

Source : FMI
Toutefois, il y a des signaux positifs à signaler.
La France représente tout de même la sixième puissance militaire mondiale.
Depuis 2019, en dépassant le Royaume-Uni, elle est la première destination en terme d’IDE (investissement direct à l’étranger).
De plus, nous représentons un modèle pour notre réseau ferré contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Ajouté à cela, en 2020, nos startups ont battu des records en atteignant 5.4 milliards d’euros de levés de fond.
Enfin, le secteur du luxe, et du tourisme restent toujours des valeurs ajoutées inestimables pour notre économie et notre image. Cela facilite notre première place par ailleurs dans le pays le plus influent du monde selon le classement « soft power ».
Conclusion :
Après avoir distingué les forces et les faiblesses de notre économie, je partage les déclarations du haut-commissaire au plan.
Quand nous additionnons nos difficultés en terme de PIB qui se dégrade en comparaison avec les autres pays, en terme de chômage, ou au niveau de notre balance commerciale, nous constatons que notre pays s’appauvrit.
Par ailleurs, nous sommes champion du monde en terme de dépense publique et de prélèvement obligatoire.
Afin d’améliorer ces problématiques économiques, il faut établir des réformes structurelles nécessaires dont par exemple de baisser massivement les impôts de production afin que nos entreprises soient plus productives par rapport à nos concurrents. Le but étant de se sauver de la désindustrialisation qui ruine les emplois qualifiés de notre nation.
Toutefois, l’avenir s’annonce sombre en raison d’un système éducatif en déclin (avant-avant dernière place au classement Timss en 2019 concernant le niveau des élèves de 4e en mathématiques en comparaison avec les autres pays de l’OCDE).
Soyons réaliste, mais espérons que l’avenir nous réservera de belles surprises…
