Tandis que la pénurie des semi-conducteurs pénalise les chaines d’approvisionnements, le groupe coréen Samsung, numéro un mondial de l’électronique, vient d’annoncer le choix du Texas pour construire sa nouvelle fonderie, un projet à 17 milliards de dollars.
La pénurie de semi-conducteurs paralyse le marché mondial de l’électronique. Les ventes d’automobiles ont chuté de 30% en Octobre dû à cette rupture de chaine de production.
Ces composants électroniques représentent un poids de plus en plus grandissant dans notre économie. L’avènement au télétravail et notre appétence aux produits électroniques, ont accéléré la forte demande mondiale.
Qui domine l’industrie des micro processeurs ?
Pourquoi sommes-nous aussi dépendant de ces matériaux ?
L’Europe se donne- elle les moyens pour lutter face aux géants producteurs mondiaux ?
NOUS L’ANALYSONS DANS

Les semi-conducteurs représentent des matériaux qui constituent la base des circuits électroniques intégrés. Ils ont une part exponentiels pour de nombreux produits (consoles de jeu, smartphones, voitures…). Le silicium est le principal type de semi-conducteur utilisé. La création de nouveaux marchés de l’électronique révèle l’importante abondance de l’industrie des semi-conducteurs.
Dans un article publié en 1965, le physicien américain Gordon Moore prédit que le nombre de semi-conducteurs par circuit intégré de même taille va doubler chaque année à prix constants, dû au progrès technologique. Ses révélations se sont révélées véridiques. C’est ce qu’on appelle « la loi de Moore ».
Le marché des semi-conducteurs représente aujourd’hui un chiffre d’affaires de 373 milliards de dollars dans le monde en 2020, en hausse de 8% par rapport à 2019. La demande mondiale croit aux environ de 15 % par an et exige le développement de capacité de production exceptionnelle.
Il y a une division du travail mondiale qui s’est établi depuis des années entre les producteurs, les concepteurs et les assembleurs concentré respectivement à Taiwan et aux Etats–Unis.
Différents acteurs se partage la part du gâteau, mais le leader incontesté de la production de semi-conducteur est bien le géant Taïwanais TSMC.
En 2020, 54 % de la production mondiale de ces matériaux a été sous-traité à ce groupe.
Au niveau de la production tout est concentré pour l’essentiel à Taïwan et en Corée du Sud. Dès qu’on atteint des micro processeurs de haute qualité, la moitié de la production mondiale est effectuée par TSMC .
TSMC et Samsung sont les seuls au monde de faire des microprocesseur de moins de 7 nanomètres.

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, annoncé durant l’Eté, d’une alliance européenne dans les semi-conducteurs. L’objectif serait de viser une part de marché mondiale à hauteur de 20% de semi-conducteur contre 10 % aujourd’hui.
Pourtant l’Europe n’a pas toujours été aussi en retrait sur le marché. En 1990, l’Europe produisait 44% des microprocesseurs mondiaux et ce pourcentage est tombé à 9% en 2020.
Cette déliquescence s’inscrit dans un désengagement plus générale de l’Europe sur la question des nouvelles technologies.
Non seulement l’Europe ne produit pas suffisamment de microprocesseurs mais elle n’a pas été capable d’investir dans les langages informatiques, dans les systèmes opérationnels, dans le cloud. Le problème des microprocesseurs est un élément d’un manque absolu de stratégie globale de l’Europe sur le plan industriel.
En conclusion, Taïwan et les États-Unis sont bien en avance en matière de technologie et d’investissement sur le continent européen.
Les Etats-Unis prévoient d’investir 52 milliards d’euros dans les puces électroniques.
TSMC ont planifié un budget de 100 milliards de dollars sur 3 ans dans ses usines et ses travaux de recherche et développement.
La France quant à elle souhaite investir 20 milliards d’euros du plan de relance dans ce dossier.
Nous en déduisons une disparité technologique et financière entre les Etats-Unis, Taïwan et le reste du monde dans la fabrication, la conception des semi-conducteurs et cela risque de s’accentuer dans les années à venir.
A moins que le plan de Thierry Breton d’investir 42 milliards d’euros pour les semi-conducteurs fonctionne et permet d’améliorer les compétences technologiques de l’Europe vis-à-vis de ces composants si cruciaux.

TRES INTERESSANT .
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