L’AUGMENTATION DES DEPENSES PUBLIQUES, UN ETERNEL PROBLEME ?

« Quand je m’examine, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure. » .

La célèbre citation de Charles – Maurice de Talleyrand-Périgord est pleine de bon sens.

Cependant, avec nos voisins européens, la réalité est bien différente en ce qui concerne le comparatif du stock de dette publique entre les pays membres de la zone euro.

Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron souhaitait réduire de 3 points de PIB en cinq ans la dépense publique en supprimant notamment 120 000 postes de la fonction publique.

Quatre années plus tard, l’objectif est loin d’être atteint.

Au contraire, le rapport qui doit mener à la présentation du projet de loi de finances pour fin Septembre prochain, a indiqué que la dépense publique de la France allait augmenter de 1.5% en 2022.

La dette publique Française vient d’atteindre récemment 118 % du PIB.

La pandémie a-elle gaspillé l’objectif du président de la république ?

Comment se trouve notre déficit budgétaire comparant à nos voisins européens ?

NOUS L’ANALYSONS DANS

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La crise du Covid a plongé la dette publique Française à 118% du PIB. Le déficit quant à lui devrait atteindre 9.4 % du PIB en 2021.

Bien avant la crise sanitaire, notre dette flirtait déjà avec les 100 % du PIB. La pandémie n’a fait qu’accélérer l’abondance de notre dette publique, sans compter l’inefficacité de notre service public.

Le coût premier de notre dette provient de notre système social (protection sociale, retraites, santé… ).

Malgré cela, l’Etat prévoit d’augmenter ses dépenses de 1.5% en 2022. En effet, des pôles importants de dépenses augmenteront (la Défense + 1.7 milliards, la Recherche + 472 millions), la Justice + 320 millions). A cela s’additionne le coup de pouce de 700 millions de revalorisation des enseignants.

En quoi l’augmentation de cette dette publique peut-il représenter un problème majeur pour notre pays ?

Le fait d’avoir une quantité abondante de dette publique n’est pas une difficulté absolue. En effet, un pays qui génère une croissance structurelle forte, n’est pas sous un climat anxiogène.

En revanche, cela peut représenter une difficulté, si notre croissance n’est pas au rendez-vous. Et malheureusement, c’est le cas pour notre Etat.

Six Etats de la zone euro rendent cette zone plus friable (France, Italie, Espagne, Belgique, Grèce et le Portugal). Ces Etats ont un PIB insuffisant comparé à leurs parts de dette publique dans la zone euro.

Par exemple, la part totale de notre dette dans la zone euro représente environ 24 % de la dette totale (ce qui est déjà assez important). Et le poids de notre PIB dans celle-ci est de 20%, ce qui figure qu’on dégage moins de richesse que l’ensemble de notre dette publique.

Par exemple, en comparaison avec nos voisins allemands, la part de leur dette publique dans la zone euro est de 20%, et leur PIB représente 29 % de la zone euro. Cette différence est profonde entre nos deux nations.

Nous remarquons que malgré le récent accord d’une dette commune européenne, il existe des disparités budgétaires qui sont abyssales entre les différentes nations de notre continent.

Il existe donc deux inconvénients à l’augmentation de notre dette publique :

Tout d’abord, notre chance depuis de longs mois révélait que le poids de la charge d’intérêt de notre dette était très inférieur à celui d’il y a quelques années. Le taux à 10 ans (OAT) était à un niveau infime (voir négatif), que le poids de la charge de la dette de l’Etat baissait mois après mois. Ce qui représentait paradoxalement une anomalie dans l’histoire économique et financière.

Toutefois, aujourd’hui, la réalité est nettement différente. Depuis Février dernier, le taux d’intérêt à 10 ans français est enfin repassé en territoire positif.

Cela pourrait se traduire par un niveau de charge de la dette plus important que les précédentes années.

Il faudra foncièrement avoir une croissance économique imposante, car à contrario notre pays pourrait rapidement rentrer dans une spirale négative interminable. Sans oublier que notre balance des paiements courants est toujours négatif, ce qui témoigne qu’on s’endette en consommant plus que ce que l’on produit.

De plus, l’autre difficulté majeure, concerne la crédibilité de certains pays membres, et l’avenir de notre zone euro.

Au niveau européen, 7 pays sont au-dessus de 100 du PIB, et 13 sont en dessous les 60 % du PIB.

Concernant les pays « clubs Med », notre pays est bien dans le rouge. Nous sommes le 5e pays d’Europe à représenter un endettement le plus important (Grèce, Italie, Portugal, Espagne, France, Chypre, Belgique).

En effet, constatant les disparités importantes de niveau de dette publique entre pays membres, et de l’incapacité éventuelle de la rembourser ou de la repousser, les pays qui disposent d’une dette équilibrée, pourraient souhaiter faire annuler la dette européenne commune, et ainsi suivre le chemin de la Grande Bretagne en quittant la zone euro.

En conclusion, nous pouvons remarquer qu’il y a une corrélation entre la dette publique est la croissance économique.

Concernant notre Etat, la dépense publique va bien augmenter de 1.5 % en 2022.

Nous remarquons que notre croissance économique ne pèse pas assez sur le poids de notre dette publique. On ne crée pas assez de richesse pour combler notre dette, et donc rembourser ses intérêts.

De plus, la véritable réforme qui devra foncièrement être mener à moyen terme, est la réforme de l’Etat (l’efficacité de la dépense publique). C’est ce qu’on appelle « avoir une bonne dette ».

Enfin, constatant ces différentes disparités de poids de dette entre les pays européens, certains plus « disciplinés budgétairement », pourraient quitter la dette européenne commune des 750 milliards d’euros, ainsi que la zone euro.

Surtout n’oublions pas qu’en Septembre 2021, il y aura les élections allemandes pour nommer le nouveau chancelier, qui tentera éventuellement de réduire la dette des pays européens et surtout la notre en étant pays fondateur de l’euro …

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