LA RETRAITE, UN ETERNEL DEBAT, MAIS INDISPENSABLE A SA SURVIE?

Cette réforme des retraites ! Même nos arrières grand parents en ont évoqué le sujet.

Passé par Fillon en 2010, puis relancée par notre président de la république Emmanuel Macron en 2017, cette réforme anime un débat houleux dans notre pays.

Dans son programme, Emmanuel Macron a suscité pour une réforme à point (c’est-à-dire un euro cotisé est égal à un point de retraite).

Cependant, avec les crises passées de ces derniers mois (Gilets jaunes, Covid…), cette réforme est passée à la trappe.

Aujourd’hui, poussée par le premier ministre, des rumeurs laissent indiquer que la réforme pourrait voir le jour avant la fin du quinquennat.

Pourquoi faire évoluer le système des retraites actuel ?

Si il y a une réforme, est-ce que cela sera une réforme systémique comme annoncée en 2017 ?

NOUS L’ANALYSONS DANS

Notre système de retraite est un système par répartition. Dans un système par répartition, les pensions de retraite sont versés grâce aux cotisations prélevées au même moment sur les revenus professionnels des actifs. Les actifs financent le revenu de base de leurs ainés.  C’est un système de solidarité intergénérationnelle.

Plusieurs pays appliquent ce régime de retraite dont l’Italie ou l’Allemagne. En France, en 2018, les cotisations représentaient environ 80 % du total du financement des retraites

Ce système est inspiré du système bismarckien qui est basé sur une logique assurantielle.

Ce système diffère du système beveridgien, qui est une logique assistancielle, avec un système par capitalisation, qui est un revenu forfaitaire, indépendant du niveau de la rémunération durant la vie active. Ce revenu peut être complété par des placements immobiliers par exemple. Ce système est utilisé, par exemple au Pays-Bas ou en Suisse.

Depuis de nombreuses années, les comptes du système de retraite sont dans le rouge.

Le COR (conseil d’orientation des retraites), a publié un rapport il y a un mois environ, qui annonça que le déficit des retraites a atteint 18 milliards d’euros en 2020.

Excédentaire jusqu’en 2007, le solde du système des retraite est devenu négatif à partir de 2008, à cause de l’arrivée en retraite des générations du baby-boom (né après 1945).

Les seules retraites excédentaires sont les retraites complémentaires dépendantes du privé, ou leurs réserves sont évaluées à 151 milliards d’euros en fin 2020.

Le coût global des retraites nous coûtent aujourd’hui en France près de 14 points de PIB.

Soit une différence de 4 points avec nos voisins européens. Sachant qu’environ 1 point de PIB représente environ un montant de 24 milliards d’euros, cela symbolise une différence de 100 milliards avec nos voisins, ce qui n’est pas négligeable.  

Comment expliquer cette différence ?

Tout d’abord, l’équilibre du système dépend énormément de la démographie. En effet, aujourd’hui nous avons un retraité pour 1.7 actif ce qui représente une part très faible comparant aux années antérieures. En effet, quand le système avait été crée après-guerre, il y avait 4.4 actifs pour un inactif.

De plus, selon le COR, en 2060, il y aura 1.3 cotisant par retraité. Cela s’explique naturellement, par l’augmentation de l’espérance de vie, et d’une diminution des naissances. Information cependant à signaler, c’est qu’à partir de 2028, il pourrait y avoir une inversion démographique avec la disparition des baby-boomers nés après 1945 et le système pourrait s’équilibrer un peu plus naturellement.

Subissant des crises de toutes part (notamment avec la crise sanitaire), le président de la république avait semblé reculer il y a quelques semaines à entamer une réforme de système de retraite par point. Selon lui, c’était une idée impossible à mettre en œuvre qui pourrait provoquer un « duplicata »  de la crise des gilets jaunes.

Cependant, poussé par son premier ministre Bruno Le Maire, il y a une rumeur assez probable que d’ici la rentrée, une réforme des retraites pourrait voir le jour. Mais laquelle ?

Non, pas tout à fait celle d’une réforme systémique promise en 2017, mais d’une réforme paramétrique.

En effet, il existe trois manières de rendre les comptes du système de retraite à l’équilibre.

La première solution est d’augmenter la durée de départ à la retraite (aujourd’hui elle est à 62 ans).

La deuxième solution est d’augmenter les cotisations afin d’obtenir une rentrée d’argent supplémentaire.

Enfin, la troisième solution est de baisser les pensions de retraites.

En 2010, Fillon avait augmenté la durée de départ à la retraite passant l’âge de 60 à 62 ans.

Le président de la république veut opter pour la même solution que l’ancien premier ministre en modifiant les paramètres du système. En effet, il souhaite augmenter la durée de départ à la retraite de 62 à 64 ans.

Cette solution pourrait ramener progressivement les comptes à l’équilibre pendant quelques années.

La véritable interrogation est de savoir si c’est la bonne réforme à mener.

Cela va de soit que c’est une réforme satisfaisante, en augmentant les recettes. Cependant, le système par point était plus équitable. En effet, un euro cotisé est égal à un euro de retraite.

Le point dépendrait de la conjoncture. Le coté fondamental est que chaque régime aurait les mêmes droits de retraite. Ce qui aujourd’hui n’est pas le cas. En effet, les régimes spéciaux (par exemple la SNCF) ont de meilleures conditions que les travailleurs avec des conditions pénibles.

Il faut qu’il y ait un système de retraite équitable afin qu’il soit juste pour tout le monde.

Toutefois, nous pouvons comprendre qu’entamer une réforme systémique, va amener les gens à manifester et cela pourrait créer un débat sans fin dans notre démocratie.

En conclusion, nous pouvons admettre que le régime de retraite est largement déficitaire.

En ayant 4 points supplémentaires de dépense du PIB que nos voisins européens, réformer le système de retraite est une évidence absolue.

Augmenter le départ de l’âge à la retraite est une bonne chose pour tenter de rééquilibrer le système.

Cependant, afin d’obtenir une plus grande justice, il faudrait à moyen terme lancer enfin cette réforme systémique par point qui égaliserait tous les systèmes de retraite en ayant qu’un seul système de retraite pour tous.

On pourrait comprendre l’intention du président de faire adopter cette réforme, car elle ne serait appliqué qu’à partir de 2022, donc en cours de processus, et les républicains (LR) perdront un sujet de débat central en marge de la présidentielle.

Au final, cette volonté de changement est une bonne réforme, non ambitieuse, mais surtout politique.  

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