REMBOURSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE COVID : RENDEZ-VOUS DANS UN SIECLE ?

La pandémie du Covid 19, a non seulement infecté la population mondiale, mais a aussi infecté les dettes publiques nationales.

En France, nous sommes passés de 100 % du PIB, à 120 % du PIB de notre dette publique.

Les Etats ont pu éviter la banqueroute grâce aux financements des banques centrales (notamment de la part de la FED, et de la BCE). En effet, grâce à leurs actions de rachat de dette publique, elles on pu sauver l’économie mondiale.

Cependant, les dettes publiques ont atteint des montants gigantesques, et cela pose la question du remboursement de ces dettes.

Une étude publiée par Euler Hermes, montre que la France, l’Italie et l’Espagne, pourraient mettre plus de soixante ans à effacer leur dette.

Alors ce remboursement de dette à très long terme est-il une problématique ?

C’est grave docteur ?

NOUS L’ANALYSONS DANS

Selon Euler Hermes, certains pays moteurs en terme de PIB de la zone euro, ne devraient pas retrouver leur niveau de dette publique en rapport à leur PIB avant 2035.

L’Italie, aura besoin de 26 ans afin de retrouver son niveau de dette d’avant crise en partie grâce à ses excédents primaires réalisé ces vingt dernières années, l’Espagne de 89 ans, et la France de 67 ans.

Concernant la zone euro, la dette a augmenté de 17 points de PIB depuis le début de la crise.

L’endettement de la France est d’environ 20 points, l’Espagne 25 points. Le bon élève de la zone euro est encore l’Allemagne, avec un endettement seulement de 15 points de PIB. Cela est du à son faible endettement par rapport à ses voisins, et qui par ailleurs était en règle avec le traité de Maëstricht.

Ce qui parait fort inquiétant est que sur les 19 Etats membres de la zone euro, sept pays représentant plus de la moitié du PIB de la zone, obtiennent un taux supérieur à 120 % du PIB.

Ce qui peut paraitre, antinomique, est que bien avant la crise sanitaire, les dettes publiques ont grimpé, mais les taux d’emprunts des Etats ont baissé. Nous n’avons jamais vu cela dans l’histoire de la dette publique (surtout avec des taux négatifs).

Premièrement, nous pouvons nous rassurer : grâce aux politiques non conventionnelles des banques centrales, la dette publique s’achète comme des petits pains. Il faut souhaiter une remonté des taux (ce qui se passe en France forte heureusement).

De plus, l’information importante à connaître, c’est que finalement les Etats ne remboursent jamais leur dette.

En effet, quand la banque centrale rachète la dette publique à un Etat, l’Etat lui doit seulement les intérêts de la dette. Il faut potentiellement que le taux de croissance soit supérieur aux taux d’intérêts. C’est ce qu’on appelle la soutenabilité de la dette.

Cependant, à la fin du compte, la BCE reverse les intérêts aux banques centrales nationales. Et sachant que ces dernières appartiennent aux Etats, elles reversent la charge d’intérêts à leur propriétaire.

D’ici à 2022, la BCE arrêtera de financer les déficits publics (appliquer le quantitatif easing). Les Etats pourront se retrouver en difficultés, car ils pourront encore avoir un besoin de dépenses publiques (éducation, santé…). De plus, les élections allemandes approchent, et le nouveau candidat qui sera à la tête de la chancellerie qui remplacera Angela Merkel ne sera peut-être pas pro européen comme la été la chancelière actuelle.  Et c’est à partir de ce moment-là, que le défi va se jouer.

Le covid 19 a énormément fait grimper la dette des Etats au niveau mondial.

Pour le moment, l’épargne mondiale est abondante et finance les Etats avec des taux encore très bas. Après 2022, quand la BCE arrêtera de financer les déficits publics, il faudra pour les Etats européen, d’avoir une dette soutenable avec une croissance supérieure aux taux d’intérêts.

Et ces futurs dettes, devront favoriser la croissance économique. C’est ce qu’on appelle avoir une « bonne dette ».

Mais nous en sommes pas encore à ce niveau, et le chantier de montagne de dettes publics restent un élément déterminant pour la maitrise des différents budgets des Etats.

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