Joe Biden souhaite relancer l’économie américaine en injectant un plan de 2000 milliards de dollars suivant le plan des 1900 milliards de dollars.
Ce plan dit « Keynésien » va -il être un facteur d’inflation ?
Si le célèbre économiste Milton Friedman aurait été présent, il aurait donné son veto car selon lui, trop de liquidité amènera l’inflation qu’il la qualifie de « maladie dangereuse pour l’économie ».
Alors ce plan de relance américain sera- il bon pour l’économie ?
NOUS L’ANALYSONS DANS

La pandémie a énormément fragilisé l’économie mondiale.
La 1ère économie mondiale s’est contractée de 3.5 % l’an passé, sa pire année depuis la seconde guerre mondiale.
Les démocrates majoritaires , ont adopté un plan de 1900 milliards de dollars, un montant vertigineux équivalent au PIB de l’Italie.
Ce plan d’aide appelé principalement de « l’hélicoptère monnaie » a pour objectif de relancer la consommation des ménages en distribuant un chèque à tous les américains pour un montant global de 400 milliards de dollars.
Par ailleurs, ce plan vise également les écoles maternelles, ou lycées (126 milliards promis).
Fin Mars 2021, Joe Biden annonça un plan de 2 200 milliards de dollars destiné à reconstruire les infrastructures du pays. Ce programme vise à renoncer et moderniser les ponts et les routes souvent vieillissants du pays, mais aussi améliorer l’accès à internet, et d’accélérer la transition énergétique.
Au total ce sera près de 4 000 milliards de dollars qui seront investis sur plusieurs années au Etats Unis, loin devant le plan de relance Européen des 750 milliards d’euros.
La question sous-jacente de ce plan est de comprendre si cela va favoriser la croissance américaine et relancer le spectre inflationniste ?
Avec ce plan de relance, la FED, comme le FMI récemment, a revu leurs prévisions de croissance pour l’économie américaine à la hausse à 6.5 %.
D’après les analyses, l’inflation pourrait bondir à 2.2 % en fin d’année, alors qu’il y a quelques mois les estimations étaient de 1.4 %.
Nous avons déjà remarqué la montée des prix de matières premières (semi-conducteurs, matières plastiques), ce qui nourrit les inquiétudes des entreprises américaines.
Concrètement, l’inflation va probablement jouer un rôle dans le 2e plan de relance du président Biden.
En effet, le 1er plan servant principalement à distribuer des chèques aux américains.
Plusieurs enquêtes nous montrent les priorités des américains en rapport à ces chèques : pour 1/3 des personnes concernés, ils achètent des actions, pour un autre tiers, ils règlent des factures en retard de paiement, et enfin pour un dernier tiers, ils consomment et achètent des biens importés.
Ce 1er plan va principalement créer des bulles, mais sans créer d’inflation. Cette consommation qui va dans les importations, ne créera seulement du déficit extérieur, qui pour les Etats Unis n’est pas une difficulté grâce à la suprématie du dollar.
En effet, les Américains bénéficient de ce qu’on appelle « l’exorbitant privilège du dollar », qui fait que la dette américaine est très recherchée: c’est l’actif sûr et liquide par excellence. Il n’y a donc pas de problème du côté de la demande de rachat de cette dette. Il y a même un surcroît de demande de rachat de cette dette. Même si le Yuan commence à titiller le dollar, cette dernière reste la 1ère monnaie mondiale.
Ce plan de 1900 milliards qui représente 14 % du PIB va réviser seulement de 2 % la croissance. Le multiplicateur est faible. Donc il ne faut pas attendre que ce 1er plan fabrique de la croissance.
En revanche, concernant les 2000 milliards de dollars, c’est sur ce plan qu’il peut y avoir de la croissance à court terme.
En effet, ce 2e plan va permettre de reconstruire les infrastructures du pays. Ce qui pourra alors créer des emplois, de l’investissement et donc de la croissance. Et l’inflation pourrait alors faire effet.
De manière globale, Il y aura par ailleurs des effets sur la croissance mondiale. Les États-Unis sont considérés comme le pays consommateur en dernier ressort de l’économie mondiale. Si l’économie américaine repart, ce sera avec la consommation des ménages, donc les États-Unis vont importer une grande partie de cette consommation. Les pays qui exportent vers les États-Unis vont profiter de cet élan. Les pays qui vont en profiter le plus seront le Canada et le Mexique. L’effet sur le Canada a été calculé à plus un point de croissance avec le plan Biden.
Sur les pays de la zone euro, c’est relativement plus faible, parce que la zone euro n’exporte pas beaucoup vers les États-Unis. La BCE a fait un chiffrage qui indique en 2021 une augmentation de 0,2 point de PIB dans la zone euro par le plan de relance de Biden, donc c’est très faible. Pour l’inflation en zone euro, l’impact du plan de relance américain serait encore plus faible avec une augmentation de l’inflation de 0,05% en 2022.

Source : Ecoactu
Nous pouvons conclure que ce deuxième plan de relance peut être une bonne nouvelle pour l’économie américaine. En effet, d’après le FMI, les Etats- Unis, seront la seule grande économie qui devrait dépasser le niveau de PIB prévu en 2022 en l’absence de cette pandémie.
D’autre part, il est impératif de reconstruire les infrastructures américaines qui sont en très mauvaises états.
Nous le savons, que les Etats-Unis peuvent se permettre de faire du déficit, grâce à l’hégémonie de leur monnaie, contrairement aux Etats européens.
Mais jusqu’à quand ?
Pour la secrétaire au trésor Janet Yellen, pour la première fois dans l’histoire depuis 1971, le dollar représente moins de 60% dans les réserves de change. La réponse à cela est qu’il y a une concurrence encore plus féroce qui apparait notamment avec le Yuan par exemple.
L’abondance de liquidités va- elle remettre en cause la crédibilité du dollar?
Après tout, ce plan va encore avoir beaucoup d’obstacles devant lui car il devra être voté par la majorité, et nous savons que les démocrates sont majoritaires à la chambre des représentants que de très peu de voix face aux républicains.
Avec l’augmentation des impôts sur les sociétés pour tenter de rembourser ce deuxième plan, il faudra être persuasif pour le faire valider, même si la 1ère puissance mondiale en a véritablement besoin.
